linux-debian.net

Contrôlez votre noeud dans le réseau de l'intelligence collective

Logiciel libre vs open source

email Facebook Twitter
Màj : 21 juin 2022   –   # pages : 10 [?]

Résumé

gnu.png

Logo de GNU/Linux, une famille de systèmes d'exploitation open source, et cadre de référence de la Free Software Foundation.

Résumé en quatre points :

  1. un logiciel est dit "propriétaire" lorsqu'il n'est pas libre de droits (d'accès aux code, de copie, de modification, de redistribution, ...) ;
  2. le logiciel "open source" peut être modifié et redistribué, mais peut être combiné avec des logiciels "propriétaires" (l'open source est donc qualifié de "permissif", car il peut être ainsi combiné à des logiciels qui ne sont pas open source) ;
  3. le logiciel "libre" est "open source", mais en outre il ne peut être combiné avec des logiciels propriétaires (sa liberté de droit est dite "virale" ⇒ l'utilisateur a la garantie que le système qu'il utilise est intégralement open source) ;
  4. Linux (logiciel open source) est le système d'exploitation (SE) de la totalité des 500 super-ordinateurs les plus puissants du monde, et de plus de 75% des serveurs web dans le monde ; cependant ce pourcentage tombe à moins de 5% pour ce qui concerne le côté client c-à-d les ordinateurs et smartphones de Mr et Mme Toulemonde ...

Libération des utilisateur [2m53s]

Source : fsf.org

La dizaine de sections suivantes vous permettra de percevoir la subtilité des notions synthétisées dans le résumé, qui sont en réalité plus complexes que ce résumé peut laisser croire, notamment en matière de droits de propriété et de tarification. C'est une question de business modèle : ainsi l'open source correspond à une approche de producteur de logiciels, tandis que le libre est plutôt une approche d'utilisateurs.

Droits de propriété

La vente d’un logiciel implique la cession de certains droits d'utilisation mais ne transfert pas les droit de propriété du logiciel. Celui-ci demeure propriété de son auteur, personne physique ou personne morale (entreprise), qui conserve les droits accordés par le droit d'auteur, notamment le monopole de la copie [source].

Approfondir : propriété intellectuelle ; logiciel propriétaire.

Quatre libertés

. Un logiciel est libre si son utilisateur jouit de la liberté [source] :

  1. d'exécuter le programme sans restriction ;
  2. d'étudier le fonctionnement du programme, et de le modifier (ce qui requiert l'accès au code source) ;
  3. de redistribuer des copies ;
  4. de distribuer des versions modifiées.

Business modèles

https://linux-debian.net/logiciel-libre-vs-open-source#business-modeles

Le principe de logiciel libre s'oppose donc à celui de gestion des droits numériques (DRM en anglais). Il s'agit de schémas techniques ayant pour but de protéger les droits des propriétaires en imposant des restrictions aux utilisateurs de l'informatique (PS : du point de vue de ces derniers il s'agit donc plutôt de "gestion numérique des restrictions").

 4.1. Modèle libre
 4.2. Modèle open source

Modèle libre

Le modèle libre correspond à une philosophie de développement et d'utilisation, qui considère que le principe de logiciel privatif est non éthique : si les utilisateurs ne peuvent contrôler l'intégralité d'un programme, celui-ci peut conduire à des abus de pouvoir dans le chef des personnes détenant les droits de propriétés (NB : cette notion de liberté renvoie donc au contrôle démocratique des moyens de production). La principale organisation de promotion du logiciel libre est la Free Software Foundation (FSF).

Le logiciel libre correspond donc à un modèle "utilisateur", alors que l'open source correspond plutôt à un modèle "producteur" de logiciel.

Modèle open source

Le modèle "open source" (historiquement postérieur à celui du libre) correspond à une stratégie de développement et de marketing, qui n'impose aucune restriction à la combinaison de logiciels privatifs et open source (on dit que l'open source est "permissif", à l'inverse du libre qui est dit "viral"). Le but n'est pas la liberté d'utilisation mais l'efficacité d'utilisation. La principale organisation de promotion du logiciel open source est la Open Source Initiative (OSI), qui est sponsorisée notamment par Google, Facebook, Microsoft, IBM et Intel ... [source].

Comparé au libre, l'open source offre probablement de plus grandes potentialités de retour sur investissement (pour le producteur), mais implique également des obligations commerciales envers les utilisateurs (cf. la garantie).

Approfondir : modèle économique open source.

Aspects commerciaux

 5.1. Gratuit ?
 5.2. Commercial ?

Gratuit ?

Disons les choses comme suit : le logiciel libre n'est pas nécessairement gratuit, tandis que le logiciel propriétaire est généralement payant. Certains anglophones disent que le logiciel libre est « free as in free speech, not as in free beer » (difficilement traduisible car en anglais "free" a deux significations : "libre" et "gratuit").

C'est une là une caractéristique du libre souvent incomprise : la licence libre autorise la commercialisation des logiciels libres !

Cependant, en raison de la troisième liberté (distribution), la plupart des logiciels libres payants deviennent assez rapidement gratuits. Dans la pratique les revenus commerciaux généraux du libre concernent plutôt la consultance.

Récupération par les GAFAM ? On entend parfois dire que le logiciel libre serait devenu à l’innovation technologique, ce que les réseaux sociaux sont à l’Internet : le moyen idéal pour les GAFAM d’exploiter gratuitement les réalisations de développeurs bénévoles. C'est peut-être vrai dans une certaine mesure, mais en quoi cela supprimerait-il l'intérêt du logiciel libre pour la collectivité ?

Commercial ?

Linux Debian se distingue de la plupart des distributions fondées sur elle (par exemple Ubuntu)) par son caractère non commercial et par le mode de gouvernance coopératif de l'association qui gère la distribution.

Une distribution commerciale est une distribution éditée par une société commerciale. Par « constituer une distribution » on entend « choisir et assembler les logiciels qui composent la distribution » : le noyau du système d'exploitation, le programme d'installation de la distribution, un logiciel et des pilotes pour les connexions telles que le Wi-Fi ou pour une imprimante, des logiciels tels qu'un lecteur vidéo, un navigateur web, etc.

Les distributions commerciales proposent généralement des versions gratuites, mais cela n'en fait pas des distributions non commerciales puisque l'objectif est de réaliser du profit par la vente de services liés à l'utilisation de la distribution (support, développement…) ou par la vente d'un code permettant d'activer une partie bridée de celle-ci (voir : modèle Freemium). Ainsi, Ubuntu est une distribution commerciale car elle est fabriquée par la société commerciale Canonical. En revanche Debian est une distribution non commerciale car elle est développée par une organisation à but non lucratif : SPI (Software in the Public Interest).

La distinction entre distributions non commerciales et commerciales est importante car les choix en matière de technologie ou de marketing ne sont pas fondés sur les mêmes critères selon qu'ils sont faits par des bénévoles organisés en démocratie directe, ou par le (ou les) propriétaire(s) d'une société commerciale.

Récupération par les GAFAM ? Notons enfin un fait important : un logiciel libre peut ne pas le rester ! Ainsi le logiciel de sécurisation SSH fut développé originellement par la société finlandaise SSH Communications Security Corp, sous la forme d'un logiciel libre, mais l'entreprise commerciale décida ensuite de poursuivre le développement sous une licence propriétaire. Heureusement le projet OpenBSD (un système d'exploitation libre basé sur un noyau BSD, et qui se focalise sur la sécurité) créa alors un fork libre de SSH, appelé OpenSSH. Linux Debian emploie OpenSSH.

Fork. Cette possibilité de créer un nouvelle branche ("fork" en anglais) provient directement du caractère libre d'un logiciel ; un fork est sain lorsqu'il permet la poursuite du développement sous forme de logiciel libre (en cas de changement de licence par exemple). Par contre un fork issu d'un désaccord technique ou relationnel est souvent un gâchis de ressources humaines ; on lui préférera la résolution du différend. Il n'est d'ailleurs pas rare d'assister à la fusion des branches d'un fork quand elles font ce constat amer.

Aspects juridiques

https://linux-debian.net/logiciel-libre-vs-open-source#juridique
 5.1. Licences
 5.2. Copyleft
 5.3. Propriétaire vs privatif
 5.4. Domaine public

Licences

Les licences de logiciels :

  • open source doivent respecter dix conditions ;
  • libres sont classées en deux groupes [source] :

    • licences libres compatibles avec la licence publique générale GNU (ou GPL, qui est le sommet de hiérarchie conceptuelle du libre) ;

      Dont les licences open source d'Intel et du NCSA (University of Illinois) ainsi que certaines licences BSD.

    • licences libres incompatibles avec la GPL.

      Dont la licence BSD originale.

Les différences entre licences libres et open source sont minimes : pratiquement tous les logiciels libres sont open source et presque tous les logiciels open source sont libres [source]. Une différence essentielle apparaît cependant lorsque la licence libre comprend un copyleft.

Copyleft

La GPL comprend une copyleft, qui stipule qu'il est illégal de distribuer la version améliorée d'un logiciel libre autrement que comme logiciel libre. Le redistributeur ne peut donc ajouter des restrictions de son cru.

Alors que la licence open source autorise cette transmission de la licence aux distributions dérivées, le copyleft l'oblige (NB : on retrouve ici la plus grande permissivité de l'open source).

Une licence libre peut être compatible avec la GPL sans pour autant comprendre de copyleft [vérifier]. Notons à cet égard que si un programme est libre, mais non copylefté, alors certaines copies ou versions modifiées peuvent ne plus être libres du tout. Une société informatique peut compiler ce programme, avec ou sans modifications, et distribuer le fichier exécutable sous forme de logiciel privateur [source].

Propriétaire vs privatif

Pour mettre un logiciel sous copyleft, il faut d'abord le protéger par un copyright. L'auteur qui licencie un logiciel sous une licence libre n’abandonne pas ses droits sur le logiciel, il les accorde aux utilisateurs lors de la distribution du logiciel, comme pour un logiciel dit "propriétaire". Voilà l'explication de la dénomination "copyleft" : alors que les développeurs de logiciels privateurs utilisent le copyright pour restreindre la liberté des utilisateurs, les développeurs de logiciels libres l'utilisent pour l'étendre. C'est pourquoi copyright est "inversé" en copyleft.

Public. Comprenons donc bien que le logiciel libre "copylefté" est "propriétaire" mais "non privatif". N'est-ce pas là une bonne définition de "public" ?

Domaine public

Logiciel "du domaine public" veut dire logiciel "non soumis au copyright" (droit d'auteur). C'est la manière la plus simple de faire d'un programme un logiciel libre, c'est aussi un cas particulier de logiciel libre « non-copylefté ». Mais cela autorise aussi des personnes à en faire un logiciel privateur en y effectuant des changements, nombreux ou non. Ceux qui recevront le programme dans sa forme modifiée n'auront pas la liberté que l'auteur original leur avait donnée : l'intermédiaire l'aura fait disparaître. C'est pourquoi la plupart des logiciels libres ne sont pas dans le domaine public mais sous copyright, leur détenteur ayant donné à chacun la permission légale de les utiliser en toute liberté, via une licence de logiciel libre avec copyleft.

Selon la convention de Berne (que la plupart des pays ont signée) tout ce qui est écrit est automatiquement sous copyright. Cela comprend les programmes. Par conséquent, si vous voulez que le programme que vous avez écrit soit dans le domaine public, vous devez faire des démarches juridiques pour renoncer au copyright, sinon le programme demeure sous copyright [source]. Le copyleft est donc un copyright modifié.

Aspects techniques

https://linux-debian.net/logiciel-libre-vs-open-source#technique
 7.1. Sécurité & Efficacité
 7.2. Distributions Linux
 7.3. Logiciel, matériel, données

Sécurité & Efficacité

Sécurité

L'accès libre au code permet de vérifier son contenu. Cependant selon Ken Thomson, co-concepteur du système UNIX : « You can't trust code that you did not totally create yourself. (...) No amount of source-level verification or scrutiny will protect you from using untrusted code. (...) As the level of program gets lower, these bugs will be harder and harder to detect. A well installed microcode bug will be almost impossible to detect » [source]. Cette affirmation est-elle cependant pertinente dans le cas de logiciels ouverts et interconnectés, évoluant constamment par l'action d'une multitude de développeurs eux aussi interconnectés, et dont la capacité de travail est démultipliée par l'intelligence artificielle ?

Efficacité

D'autre part il est évident que le jour où les administrations publiques se convertiront au logiciel libre (noyau + applications), ce sera un énorme incitant pour le développement d'applications libres, et partant, à l'amélioration de leur qualité. Et cela alors que dans la situation actuelle, la qualité du logiciel libre est déjà très largement supérieure à celle du logiciel propriétaire au niveau du noyau ("kernel" en anglais), et d'un niveau variable au niveau applicatif (supérieur, équivalent ou inférieur selon les cas). Le logiciel libre étant gratuit, il en résulte que, aux niveaux kernel comme applicatif, le rapport qualité/prix du libre est généralement imbattable. Le "lobbyiste" Bill Gates l'avait bien compris ...

Distributions Linux

Une distribution est un paquet logiciel comprenant un système d'exploitation (SE) ainsi qu'une série d'applications (messagerie, navigateur, traitement de texte, graphisme, ...). La Free Software Foundation, fondée par Richard Stallman en 1985, distingue deux types de distributions GNU/Linux :

  • GNU/Linux libres : ne tolèrent aucun logiciel non libre, ni dans le SE ni dans les applications ; ce purisme a un prix : certains logiciels sont de qualité insuffisante voire sont inexistants ;
  • GNU/Linux non-libres : tolèrent, à des degrés divers, des logiciels non-libres (cas de Debian, Ubuntu, etc) ; Debian est la distribution la moins tolérante dans la mesure où elle est la seule distribution courante non agréée par la FSF qui garde les blobs non libres en dehors de sa distribution principale. Voir aussi les principes du logiciel libre selon Debian : debian.org/social_contract#guidelines.

Androïd, le SE de la plupart des smartphones (80%), et de 40% de l'ensemble des terminaux web, est certes fondé sur le noyau Linux. Mais il s'agit là uniquement du noyau. Or dans le présent document, lorsque nous parlons de SE, c'est au sens de Linux Debian, c-à-d y compris les applications (évidemment libres) qui tournent sur ce noyau (tableur, traitement d'image, etc). Sur les smartphones la plupart des applications ne sont pas des logiciels libres. Rappelons enfin une différence fondamentale entre portable et smartphone : seul le portable est utilisable comme moyen de production, alors que le smartphone est essentiellement un moyen de consommation ...

Logiciel, matériel, données

Le concept de logiciel libre a été conçu initialement dans les années 1980. Mais depuis lors la technologie web est apparue et a rapidement évolué. Le concept du libre doit s'adapter au contexte du "cloud", du "big data" et de l'apprentissage automatique. Le contrôle du logiciel n'est plus suffisant pour garantir la liberté d'accès et de contrôle des systèmes d'information. Ce contrôle doit s'étendre aux infrastructures matérielles et aux données [approfondir].

Le projet h-node.org vise à la construction d'une base de données matérielle afin d'identifier quels appareils fonctionnent avec un système d'exploitation agréé par la Free Software Foundation.

Malheureusement les fabricants de processeurs et cartes-mères menacent de plus en plus le principe de l'open source en déplaçant de plus en plus de contrôle vers du logiciel gravé dans la carte-mère [approfondir].

Gouvernements corrompus ?

En 2005, à l'occasion de sa visite à la Commission de l'UE, Bill Gates [source], PDG de Microsoft, a été reçu en chef d'État par Herman De Croo, président du Parlement belge, ce qui est un privilège inacceptable. Le PDG de Microsoft a réussi à "convaincre" les décideurs politiques belges de ne pas remplacer les logiciels Microsoft (en particulier le système d'exploitation) par des logiciels libres dans l'administration publique. Et cela alors que le rapport qualité/prix des logiciels libres est nettement supérieur à celui des logiciels propriétaire de Microsoft.

Concernant la partie "data", il est frappant de constater que c'est le fils du même Herman Decroo, Alexander, qui lorsqu'il était ministre des télécommunications (2014-2018) a littéralement livré le registre national à un consortium privé composé de quatre grandes banques (ING, BNP Paribas Fortis, Belfius et KBC) et des trois principaux opérateurs de réseaux mobiles du pays (Proximus, Base/Telenet et Orange) [approfondir : identification-authentification-internet.php#itsme]. Alexander Decroo est devenu premier Ministre du gouvernement belge en octobre 2020...

Corruption ? Voilà qui pourrait expliquer une étrange disparité : alors que Linux (logiciel libre) est le système d'exploitation (SE) de la totalité des 500 super-ordinateurs les plus puissants du monde [source p. 444], et de plus de 75% des serveurs web dans le monde [source], comment se fait-il que ce dernier pourcentage tombe à moins de 5% pour ce qui concerne le côté client c-à-d les ordinateurs et smartphones de Monsieur et Madame Toulemonde [source] ? Une réponse à cette question à été donnée dans l'encadré du chapitre 1 : la corruption. Ce qui est bon pour le big business ne doit manifestement pas l'être pour ceux qui consomment leurs produits et services commerciaux...

Système d'exploitationNon libreLibre
Système politiqueSystème "représentatif"Démocratie directe

Voici des mesures à la portée des gouvernements démocratiques pour promouvoir le logiciel libre.

Applications

https://linux-debian.net/logiciel-libre-vs-open-source#applications

Focus :

SiteWikipediaDebian
Réseau pair-à-pair GNUnet GNUnet GNUnet
Seveur domestique FreedomBox FreedomBox FreedomBox
Réseau social Diaspora
GnuSocial
Mastodon
Diaspora
GnuSocial
Mastodon
Diaspora
GnuSocial
Prise de décision Loomio Loomio
Chaîne vidéo PeerTube PeerTube
Cloud Nextcloud
OpenStack
Nextcloud
OpenStack
Nextcloud
OpenStack
Big Data hadoop.apache.org Hadoop Hadoop
Machine learning mxnet.apache.org MXNet

Logos

gnu-tux.png

Logos du projet GNU/Linux (une distribution Linux libre) et de son noyau Linux,

open-source.jpg

Logo de opensource.org


n_check

Contact

linux-debian.net
menu.jpg

Une publication de François Jortay

top-of-page.png